LES DEUILS

L’expression "faire son deuil" invite à tourner la page. Dans notre société, le chagrin se cache et la mort doit être la plus invisible possible. On n'en parle pas, on n'ose pas et on ne sait pas en parler.  Or, enfouir un deuil est malsain, pour continuer à vivre et à s'épanouir, il faut passer par un temps essentiel de deuil qui peut s'avérer plus ou moins long et complexe. 

Notre existence est jalonnée de deuils :
  • décès d’un être proche, deuil périnatal ;
  • mort d'un animal de compagnie ;
  • divorce, séparation ou rupture sentimentale ;
  • licenciement, chômage ;
  • retraite ;
  • changement de domicile
  • et d'autres encore...
Chaque deuil est unique. Chacun vit ces moments avec plus ou moins d’intensité. Cela dépend de l'histoire personnelle, du moment de la vie où la perte survient,  de l'importance de l'attachement, des circonstances, etc. On suit un processus jalonné de plusieurs étapes :
  • le choc = la perte brutale du lien ;
  • la fuite du choc = la suractivité pour fuir la réalité ;
  • la destructuration = la conscience très pénible qu'il n'y a pas de retour en arrière possible ;
  • ​la restructuration = la naissance d'un nouvel équilibre.

Une chagrin d'amour, une période de chômage, un accident... quand cela nous arrive nous pensons que nous n'allons pas pouvoir nous en sortir, mais cela peut être moins pénible qu'on se l'imagine. À cause de bais psychologiques nous avons tendance à surestimer la difficulté, mais c'est oublier nous possédons bien plus de potentiels que nous le pensons! 

​Un besoin essentiel est d'être écouté, de se sentir reconnu dans l'intensité de son chagrin, de son sentiment de solitude, de ses peurs, voire de sa colère. Ce qui est sûr c'est qu'il va y avoir des changements. Le processus peut être aidé par un travail de deuil, la création de rituels, la pratique de l'autocompassion, la recherhe de ressources personnelles et l'utilisation de techniques psychocorporelles de bien-être.

Repérer les rayons de soleil dans un champ de ruines est l'une des clés de la résilience.     Florence Servan-Schreiber